Zayin semaine 5 et 6

Après l’examen vétérinaire en semaine 4, j’ai commencé à le monter tous les jours. C’est très intéressant, et je l’admets, aussi excitant de monter un cheval qui ne supporte pas d’être touché par les jambes ou sur le nez. En raison de la sensibilité extrême sur ses flancs, il réagit en fouaillant de la queue, ou dans les cas plus extrêmes en faisant des sauts de moutons et en tapant quand il sent ma jambe. Si avec son nez je fais plus que de garder un contact très doux, il réagit en remontant l’encolure, en plongeant, en agitant la tête et dans les cas les pires en faisant des sauts de mouton.

Il n’a pas de difficultés au montoir, il sait ce qui se passe, se met en place et attend patiemment que je monte. Les problèmes commencent si je dois le faire bouger, l’arrêter, le ralentir ou prendre des mesures préventives quand il fait un écart. Chaque jour, j’ai demandé à une des working students de passer devant avec un cheval calme et expérimenté. Les deux premières séances, Zayin n’avait qu’une idée en tête : mordre l’arrière train de l’autre cheval et réagir de manière émotionnelle si j’essayais de l’en empêcher.

J’ai l’ai beaucoup entrainé à marcher de manière fluide dans toute la carrière, en suivant les indications de mon assiette et en restant harmonisé à moi. Comme je ne peux pas utiliser mes jambes pour le diriger, je lui ai demandé de se concentrer sur mon assiette. Il a vite compris et cela l’a aidé à se détendre un peu plus. Je me suis ensuite concentrée sur le fait qu’il réponde mieux à mon énergie, pour pouvoir l’arrêter ou au moins le ralentir. Comme il réagissait de manière très émotive à toute action de rênes, et particulièrement à la flexion latérale, je ne pouvais pas utiliser ce canal là, et j’ai donc du trouver un moyen de communiquer mon énergie. Ce que je suppose être l’explication de sa réaction émotive à la flexion : le fait de fléchir l’encolure lui fait désengager les postérieurs, ce qui provoque de la douleur au niveau de son grasset. Je peux parfois entendre un claquement assez fort quand il croise les postérieurs. J’ai donc fait en sorte d’éviter cette manœuvre au maximum, ne l’utilisant que quand nos vies en dépendaient.

Nous avons progressivement commencé à trotter derrière notre cheval maitre d’école, ce qui a dans un premier temps généré pas mal d’excitation. Mais il  s’y est rapidement fait, si on oublie les écarts imprévisibles occasionnels. Après environ 10 séances il s’est aussi détendu de plus en plus par rapport aux rênes qu’il s’est mis à percevoir moins comme une contrainte que comme une aide.

 

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Le 9/3 Zayin a finalement reçu le traitement pour les ligaments de son grasset. Il a fallu le remettre au travail dès le lendemain sans pause, dans la carrière extérieure et avec beaucoup de trot allongé. Un sacré défi. Il a tendance à faire de nombreux écarts et à être passablement agité dans la carrière extérieure parce qu’il peut voir et entendre tout un tas de choses en même temps. Thomas m’a aidé avec sa jument Flirt et nous avons programmé la séance le soir après la fin des activités du jour.  Globalement la séance a été positive, nous avons terminé avec un bon cheval détendu et transpirant. Il a fait quelques écarts et sauts de mouton, la plupart du temps sans raison identifiable. La bonne nouvelle est qu’il m’a de plus en plus permis de l’aider à sortir de ces états  et nous avons pu continuer à trotter après chacun des écarts.

Le lendemain nous avons fait la même chose, et il a été très bien. Détendu, il a commencé à baisser l’encolure et à se déplacer harmonieusement. J’ai même réussi à communiquer avec lui à propos de sa posture sans qu’il ne se sente restreint ou prisonnier. Le samedi nous avons mal choisi l’horaire de notre séance. Les stagiaires revenaient de leur activité du matin, des véhicules passaient, des chevaux aussi.  J’étais confiante après la séance du jour précédent, mais là c’en était trop pour ses capacités de gérer ses émotions (et moi les miennes). J’ai donc décidé de descendre et de le travailler au sol. Il était plein d’énergie !  Je lui ai demandé de trotter rapidement sans galoper au bout d’une très longue corde, et cela a semblé bien canaliser son énergie tout en lui faisant utiliser suffisamment son cerveau pour qu’il ne déconnecte pas complètement.

Le dimanche il a de nouveau été bien. Il était détendu et n’a fait qu’un seul écart, sans doute parce que les buissons lui ont mordu la jambe. J’ai pu avoir une bonne communication constante sur son placement correct.

Une des améliorations importantes que j’ai remarquée depuis son traitement est qu’il est capable de galoper  correctement et sans débordements émotionnels en corde. J’espère que nous allons dans la bonne direction, ça serait vraiment super si ce cheval pouvait travailler sans douleur.

 La semaine prochaine Berni Zambail vient enseigner, je lui demanderai conseil à propos de ce cheval très spécial qu’est Zayin. 

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